Nouveaux regards sur le premier XVIe siècle toulousain (vers 1480-1562)

Résumé : L'historiographie française a toujours renvoyé une image quasi idyllique du premier XVIe siècle dans laquelle la cité apparaît comme le lieu par excellence de l'épanouissement de la Renaissance à la faveur d'une embellie démographique et économique. Elle se pose ainsi comme l'incarnation du « beau XVIe siècle ». Telle est aussi la vision que les historiens toulousains ont toujours donné de leur cité à cette époque qui est le temps du pastel qui fit de la capitale languedocienne et de sa région le « pays de cocagne ». Et c'est bien cette même image qui ressort encore plus nettement que jamais de leur production récente qui souligne que Toulouse fut alors une cité plus dynamique et rayonnante qu'on a pu le croire. Mais, toute pièce, aussi belle soit-elle, ayant son revers, le « beau XVIe siècle » a aussi une face obscure ... et Toulouse ne fait pas exception. Il reste à déterminer ce qu'il en est, sachant que cet aspect n'a pas encore bénéficié de l'agiornamento historiographique qui vient de marquer la face dorée. L'omniprésence de la mort est le premier fait qui se dégage avec des poussées de mortalité récurrentes. Trois crises se distinguent durant cette période, soit celles de 1505, 1529-1532 et 1556-1557. Dans ces trois cas, l'on a affaire à des poussées pesteuses qui ont affecté peu ou prou l'ensemble de la France méridionale (et même au-delà) sur lesquelles sont venues se greffer de terribles famines. Par contre, Toulouse n'eut pas à souffrir des catastrophes naturelles (tremblements de terre et inondations) et anthropiques (incendies). Le fait marquant qui se dégage est l'extraordinaire inflation de la pauvreté. On peut estimer qu'il y avait alors un pauvre pour dix habitants au moins. Eclairée ou sombre, quelle que soit la face du premier XVIe siècle toulousain que l'on considère aujourd'hui, il s'avère qu'on les a toutes deux minorées. Ce faisant, plus qu'un simple réajustement historiographique, c'est bien une nouvelle image de la capitale languedocienne qui émerge en mettant en évidence une ampleur insoupçonnée des contrastes (économiques, sociaux, culturels, etc.) dont elle fut le théâtre avec, pour toile de fond, les tensions croissantes entre catholiques et protestants.
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Article dans une revue
Mémoires de l'Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse, 2015, 177, 19e série, t. VI, pp. 103-119
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Contributeur : Olivier Savoyat <>
Soumis le : mardi 19 janvier 2016 - 16:28:50
Dernière modification le : vendredi 19 février 2016 - 14:57:12

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Jean-Luc Laffont. Nouveaux regards sur le premier XVIe siècle toulousain (vers 1480-1562). Mémoires de l'Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse, 2015, 177, 19e série, t. VI, pp. 103-119. 〈hal-01258921〉

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